South of Midnight

Test de South of Midnight : histoire envoûtante empreinte de magie et de mystère

Le studio montréalais Compulsion Games revient enfin avec un nouveau jeu, leur tout premier depuis qu’ils ont rejoint la grande famille Xbox en 2018. Pour l’occasion, ils nous plongent dans une aventure inspirée du folklore du sud des États-Unis, baptisée South of Midnight.

De mon côté, j’avais pas mal d’attentes. J’avais adoré leur tout premier jeu, Contrast, à la sortie de la PS4, et j’ai vu le studio évoluer avec We Happy Few, qui montrait un beau potentiel. Ce qui m’a toujours accroché chez eux, c’est leur style visuel unique, propre à chaque jeu — et les premiers aperçus de South of Midnight m’avaient clairement intrigué.

En attendant la sortie officielle prévue pour le 8 avril, je vous propose donc mon test complet de cette aventure narrative qui promet d’être marquante.

Fiche Technique de South of Midnight

Date de sortie : 8 avril 2025​
Style : Action-aventure​
Classement ESRB / PEGI : M (Mature 17+) / PEGI 18​
Développeur : Compulsion Games​
Éditeur : Xbox Game Studios​
Langue d’exploitation : Sous-titres et voix disponibles en français
Disponible sur : Xbox Series X|S, et PC
Testé sur : Xbox Series X​
Prix lors du test : 49,99 $ CAD / 39,99 $ € aussi offert sur Game Pass
Site officiel
Version envoyée par l’éditeur

La folle aventure d’une tisseuse

Le jeu nous plonge dans la ville de Prospero, au cœur du sud des États-Unis, alors qu’un puissant ouragan s’apprête à frapper. Hazel, notre protagoniste, prépare ses affaires pour se mettre à l’abri de cette tempête imminente. Mais à son retour, sa mère rentre à la maison, et une dispute éclate. Bouleversée, Hazel sort prendre des nouvelles de ses voisins. Sur le chemin du retour, un courant d’eau déchaîné percute sa maison et l’emporte. Sa mère, restée à l’intérieur, est piégée.

Déterminée à la sauver, Hazel se lance à sa poursuite. Mais la nature déchaînée semble avoir le dessus. Elle décide alors de se tourner vers sa grand-mère paternelle, qui vit dans un manoir somptueux, solidement bâti pour résister aux ouragans. Accueillie chaleureusement, Hazel est invitée à se reposer. À son réveil, elle explore le grenier et y découvre une paire de crochets magiques. Ces outils lui permettront non seulement de repousser les hanteurs — de terrifiants esprits qui rôdent dans la région — mais aussi de réparer les déchirures de la Grande Tapisserie, le tissu symbolique du monde.

South of Midnight

Un conte mature au cœur du Sud

South of Midnight se présente comme un conte magique destiné à un public mature. À travers ses 14 chapitres, qui s’enchaînent comme un roman d’aventure bien ficelé, le jeu aborde des thématiques lourdes : ségrégation, inégalités sociales, transformations économiques. Sous la forme d’un récit empreint de magie et de mystère, on devient témoin des dégâts collatéraux de ces réalités bien humaines.

L’aspect narratif est l’un des grands atouts du jeu. Le studio Compulsion exploite intelligemment une héroïne imparfaite et touchante. Dès les premières scènes, on ressent qu’Hazel a encore du chemin à faire pour grandir. Son comportement parfois ingrat envers sa mère est clairement lié à un manque de maturité. Tout au long de son aventure, elle prend des décisions impulsives qui peuvent parfois frustrer, mais cela fait partie intégrante de son développement. Sa courbe d’évolution, bien que loin d’être linéaire, offre une approche plus humaine et nuancée d’un personnage de jeu vidéo.

Une atmosphère envoûtante

D’emblée, on est frappé par le style visuel unique du jeu. Compulsion Games a collaboré avec un studio spécialisé en animation stop-motion, ce qui donne à South of Midnight une esthétique vraiment à part. Tout semble fait à la main, avec des textures qui rappellent l’argile ou un tissu rugueux. Hazel, notre héroïne, se déplace d’ailleurs avec une légère saccade, comme si sa fréquence d’animation différait de ses mouvements (il faut y jouer pour bien comprendre). Au début, cela m’a un peu dérouté, surtout dans les cinématiques, mais j’ai vite apprécié cette singularité. Cela n’enlève rien à la fluidité globale de l’expérience — au contraire, ça lui donne du caractère.

Même sans être expert du Sud des États-Unis, on sent que les développeurs ont voulu rendre hommage à cette région. L’atmosphère y est recréée avec beaucoup de soin et d’authenticité. Le jeu propose une belle variété de lieux à explorer : marécages brumeux, fermes isolées, forêts épaisses, grottes mystérieuses, et même une ville fantôme pleine de style. Chaque chapitre apporte un renouvellement visuel, renforcé par une palette de couleurs riche et contrastée, qui accentue encore davantage l’immersion.

Côté level design, c’est tout aussi maîtrisé. Dès qu’on s’éloigne du chemin principal pour partir à la recherche de floofs — ces orbes à collectionner pour faire progresser Hazel — le jeu trouve toujours un moyen astucieux de nous ramener naturellement sur la route principale. Pas de détours inutiles, pas de frustrations. C’est une vraie preuve de respect du joueur, et ça rend l’exploration plaisante et fluide, sans casser le rythme de l’aventure.

Des choix artistiques forts

Je tiens aussi à souligner le travail remarquable fait sur les costumes d’Hazel. Elle change de tenue à quelques reprises au cours de son parcours, et chaque changement est significatif. Les vêtements ne sont pas seulement esthétiques : ils semblent refléter son évolution intérieure, tout en renforçant le côté magique et mystique du personnage.

Du côté des créatures mythiques, c’est un véritable enchantement. Leur design visuel est exceptionnel, chacune ayant sa propre personnalité, son style et ses particularités. Sans entrer dans les détails pour éviter les divulgâcheurs, je dois dire que la créature hibou m’a particulièrement marqué par son charisme et sa présence à l’écran. Chaque fois le thème du niveau cadrea parfaitement bien à la créature.

Une trame sonore qui touche juste

Enfin, il faut absolument parler de la trame sonore composée par Olivier Deriviere. L’utilisation d’instruments comme la guitare, le banjo, le violon ou encore la mandoline nous plonge directement dans l’atmosphère du Sud. On y sent des influences de blues, de country, et même de jazz, parfaitement dosées. Chaque morceau accompagne avec justesse les moments clés du jeu, que ce soit lors de l’exploration, des combats ou des affrontements de boss.

Mention spéciale pour le thème du Rougarou, absolument envoûtant, que j’ai d’ailleurs ajouté à ma bibliothèque musicale. C’est une bande sonore que je prends plaisir à réécouter en dehors du jeu, tant elle est réussie et évocatrice.

Une jouabilité plutôt simple

Franchement, le seul aspect où South of Midnight ne se démarque pas vraiment, c’est du côté de sa jouabilité. Les combats sont assez simples, et même en jouant au niveau de difficulté moyen, je n’ai pas ressenti de véritable défi. On frappe, on esquive, et on utilise quelques outils de tisseuse pour attirer, repousser, contrôler ou immobiliser les ennemis. Et c’est à peu près tout. L’essentiel consiste à garder le contrôle sur les ennemis autour de soi et à anticiper leurs attaques.

Cela dit, South of Midnight n’est pas particulièrement punitif. Le jeu offre une bonne quantité d’orbes pour récupérer de la vie, et en cas de mort, on reprend rarement de très loin. Même lors des combats de boss, on ne recommence pas l’affrontement depuis le début, mais bien à la dernière phase atteinte. Peut-être que j’aurais gagné à augmenter la difficulté, mais honnêtement, j’avais surtout hâte de passer au travers des combats répétitifs pour continuer à explorer l’histoire.

Hors des combats, le jeu s’apparente surtout à un plateformer ponctué de petits défis d’agilité : sauts à réussir, obstacles à éviter… Il y a quelques séquences de fuite face à des créatures terrifiantes, où la tension monte légèrement, mais là encore, la difficulté reste très accessible. Bref, le gameplay n’innove pas vraiment, mais il ne souffre pas non plus de défauts majeurs, si ce n’est son caractère un peu répétitif.

Verdict sur South of Midnight

Avec South of Midnight, Compulsion Games signe une œuvre profondément personnelle, artistique et enracinée dans une culture rarement explorée dans le jeu vidéo. Bien que le gameplay reste assez classique et parfois répétitif, il n’entache pas l’expérience globale, tant le jeu compense par son univers riche, sa direction artistique inspirée et sa narration touchante.

Hazel, imparfaite mais sincère, nous entraîne dans une aventure teintée de magie, de douleur et d’espoir, sur fond de folklore du Sud américain. Des environnements variés, une ambiance sonore envoûtante et un propos narratif mature font de cette aventure un voyage émotionnel marquant, malgré quelques zones de confort mécaniques.

Ce n’est peut-être pas un jeu qui plaira aux amateurs de challenge pur, mais pour ceux et celles qui cherchent un récit bien écrit, une atmosphère unique et une expérience artistique forte, South of Midnight vaut clairement le détour. Une belle réussite narrative pour Compulsion Games — et un pas de plus dans la bonne direction pour un studio qui continue de se démarquer par sa sensibilité et sa créativité.

South of Midnight
Test de South of Midnight : histoire envoûtante empreinte de magie et de mystère
Direction artistique unique et marquante
Univers riche et atmosphérique
Narration mature et touchante
Bande sonore immersive
Un respect du temps du joueur
Gameplay simpliste et peu innovant
Répétitivité des combats
Arbre de compétences peu développé
8.5